Impression 3D : un marché difficile, très difficile

HP-MultiJet-Fusion-3D-Printer-and-Processing-StationStratasys vient d’annoncer, après sept années passées à la tête du numéro un mondial de la fabrication additive, la démission de David Reis, son PDG. Il paye ainsi la situation de crise aigue dans laquelle se trouve la société : elle a enregistré en 2015 une perte de 1,4 milliards de dollars pour un chiffre d’affaires de 696 millions de dollars en baisse. Et l’année 2016 ne présage rien de bon : le chiffre d’affaires a enregistré au premier trimestre une baisse de 3% et les ventes sont en recul de 32 %. Le marché n’a pas validé la stratégie conquérante lancée par David Reis avec le rachat quelques peu hasardeux pour la coquette somme de 403 millions de dollars de MakerBot, un fabricant de petites imprimantes 3D pour le grand public. Croire que les particuliers vont se précipiter pour s’équiper d’une imprimante 3D comme ils l’ont fait pour les machines 2D reste toujours du domaine du rêve. En plus, l’arrivé dans le domaine public du brevet du procédé FDM (déposition de fil fondu) qui a été à la base de l’apparition de Stratasys en 1988 quand Scott Crump a inventé cette technologie, a complètement bouleversé ce marché. Du jour au lendemain, des centaines de petites sociétés sont apparus aux quatre coins du monde et le prix des imprimantes a fondu comme neige au soleil. 3D Systems, le numéro deux mondial et principal concurrent de Stratasys, ne va pas mieux : il affiche des pertes de 664 millions de dollars en 2015 pour un chiffre d’affaires similaire et en petite hausse. Du coup, il a lui aussi, évincé son PDG.

La morale de ces mésaventures est claire : le potentiel de l’industrie reste, pour le moment en tout cas, le débouché le plus intéressant pour la fabrication additive. Ce qui explique pourquoi les applications industrielles de la fabrication additive, que ce soit la fabrication de prototypes ou celle de pièces finies, ont le vent en poupe. La société française Prodways qui connaît une croissance vertigineuse le prouve. Mais aussi l’évolution bénéfique de fabricants de machines pour les applications métalliques, dopée par l’engouement de certains domaines industriels (médical, aéronautique, etc.) pour ce type de fabrication. L’arrivée de nouveaux acteurs sur ce marché industriel, comme la société commune créée par Michelin et Five ou HP, risque cependant de donner naissance à une bataille commerciale féroce. Ce dernier a annoncé à la conférence Rapid aux Etats-Unis en mai dernier ses nouvelles imprimantes 3D qui selon lui révolutionneront ce domaine. La Multi Jet Fusion profite du savoir-faire très riche de HP dans le domaines de la mécanique de précision, de la microfluidique et des matériaux. Et de son partenariat avec des noms comme Nike, BMW, Johnson & Johnson, Jabil, Siemens, Materialise, Shapeways, Autodesk, and Protolabs. Coté matériaux, HP collabore avec Arkema, BASF, Evonik, Lehmann & Voss et annonce la mise en œuvre d’une plateforme ouverte. Les machines qui seront disponibles fin 2016 et en 2017 pour un prix qui débute à 120 000 dollars, fabriqueront des pièces très précises dix fois plus vite et pour un coût divisé par deux par rapport aux solutions existantes sur le marché. Le système d’impression 3D dispose de 30 000 buses qui distribuent 350 millions de gouttes de matériau thermoplastique ou autre (métalliques prochainement).

 

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